À compter du 1er septembre 2026, la durée d'un premier arrêt maladie sera plafonnée à un mois.
Discrète parmi les nombreuses dispositions de la dernière loi de financement de la Sécurité sociale, cette mesure confirme une orientation engagée depuis plusieurs années. Le régime obligatoire indemnise moins longtemps et moins largement. Ce qu'il cesse de prendre en charge se reporte sur l'entreprise et sur le salarié, et met en lumière un dispositif longtemps resté dans l'ombre, la prévoyance.
Ce que recouvre exactement la prévoyance
La confusion avec la complémentaire santé, communément appelée mutuelle, reste très répandue, y compris chez des dirigeants expérimentés. La distinction est pourtant simple : la mutuelle rembourse ce que l'on dépense, consultations, optique ou hospitalisation. La prévoyance remplace ce que l'on ne gagne plus, en cas d'arrêt de travail prolongé, d'invalidité ou de décès.
L'enjeu financier apparaît clairement dès que l'on prend un exemple. Un cadre rémunéré 5 000 euros brut par mois, arrêté quatre mois à la suite d'un accident, perçoit environ 1 290 euros brut de la Sécurité sociale une fois épuisé le maintien de salaire dû par son employeur. Un peu plus du quart de sa rémunération habituelle. Sans contrat de prévoyance, cet écart reste à sa charge.
Un régime obligatoire qui se resserre
Cette situation résulte de décisions récentes. Le salaire retenu pour calculer les indemnités journalières a été abaissé en 2025, ce qui a fait chuter le montant maximal versé, désormais proche de 43 euros par jour contre plus de 53 euros auparavant. Le plafonnement de la durée d’indemnisation des premiers arrêts maladie, applicable en septembre prochain, prolonge cette logique. Les arrêts consécutifs à un accident du travail seront à leur tour encadrés dans le temps à partir de 2027.
Chaque restriction du régime de base déplace une charge vers l'employeur, tenu au maintien de salaire par la loi et par les conventions collectives, ou vers le salarié lui-même. Un contrat de prévoyance correctement calibré absorbe cette charge et sécurise les deux parties.
Une couverture appelée à s'étendre
La prévoyance n'est aujourd'hui obligatoire que pour les cadres, au titre d'un accord ancien qui impose à l'employeur une cotisation minimale destinée principalement au risque décès. Les conventions collectives ont toutefois largement étendu cette protection. Près de 94 % des salariés du privé bénéficient désormais d'une garantie de prévoyance, même si environ 900 000 personnes en demeurent dépourvues.
Une proposition de loi entend combler cet écart en rendant la prévoyance obligatoire pour tous les salariés, avec une échéance envisagée en 2028. Le scénario rappelle celui de la complémentaire santé, généralisée entre 2013 et 2016.
Un second dossier mérite attention. Un rapport officiel diffusé cet été évalue à plusieurs milliards d'euros par an le coût des avantages sociaux et fiscaux attachés à ces contrats et propose d'en revoir l'ampleur. La prévoyance y est présentée comme le dispositif à préserver en priorité, mais l'équilibre économique de ces régimes pourrait évoluer.
La conformité, condition de l'avantage social
L'exonération de charges dont bénéficient les cotisations patronales n'est jamais définitivement acquise. Elle suppose un régime collectif et obligatoire, couvrant des catégories définies de manière objective, comme l'ensemble des cadres ou l'ensemble des techniciens par exemple et non des salariés désignés individuellement. Un contrat mal rédigé ou une convention collective mal appliquée conduisent l'URSSAF à réintégrer les cotisations dans l'assiette, parfois sur plusieurs exercices.
La prévoyance illustre ainsi un déplacement progressif des responsabilités. Le régime obligatoire recentre ses interventions, les branches et les entreprises couvrent la différence, et le salarié supporte ce qui n'a été prévu ni par les unes ni par les autres. Les échéances de 2026 et de 2028 donneront à ce sujet une visibilité qu'il n'a jamais connue.
La prévoyance est un élément essentiel d'une stratégie de protection financière. Nos conseillers vous accompagnent pour identifier les garanties adaptées à votre situation personnelle et professionnelle.
Article rédigé par Tom Berthout, Conseiller en gestion de patrimoine.








